LES RIVALITES FRANCO-ITALIENNES DANS L'OPERA.
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Dès le XVIIème siècle, opéras français et italiens allaient être opposés en un antagonisme qui durera plus de deux siècles. Les raisons :
Points culminants :
EXTRAITS DE LA "LETTRE SUR LA MUSIQUE FRANCAISE" écrit par Rousseau en France.
Rousseau, ému par les représentations italiennes (des Bouffons en 1752) ouvrit le combat et, avec le manque d'équilibre de sa nature, il tomba sur-le-champ dans une gallophobie exaspérée. Sa "Lettre sur la musique française" de 1753, qui fut le signal de la "guerre des Bouffons" dépasse en violence tout ce qu'on a jamais pu écrire dans la suite contre la musique française. Il faut bien se garder de croire que cette lettre représentât l'état d'esprit des Encylopédistes. Elle était trop paradoxale. Qui veut trop prouver ne prouve rien. Diderot et d'Alembert, malgré leur admiration pour les Italiens, continuèrent à rendre justice aux musiciens français. Grimm lui-même restait sceptique ; et, dans un pamphlet, où il constate qu'aucun opéra de Rameau ne peut plus se maintenir, depuis la victoire des Bouffons, il ne s'en réjouis pas, comme on pourrait le penser "Qu'avons-nous gagné ? C'est qu'il ne nous restera ni opéra français ni italien ; ou, si nous avions celui-ci, nous perdrions encore au change, en convenant même de la supériorité de la musique, car soyons de bonne foi, l'opéra italien fait un spectacle aussi imparfait que les chanteurs qui en sont l'ornement ; tout y est sacrifié au plaisir de l'oreille." Si, pourtant, les Encyclopédistes ne tardèrent pas à prendre violemment parti pour Rousseau et pour l'opéra italien, c'est qu'ils furent exaspérés par la brutalité scandaleuse avec laquelle les partisans de l'opéra français les combattirent. D'Alembert dit, dans son "Essai sur la liberté de la musique", que Rousseau se fit plus d'ennemis, et en attira plus à l'Encyclopédie par sa lettre sur la musique que par tous ses écrits antérieurs. Ce fut une explosion de haine. Il semblait que l'admiration de la musique française dût être un article de foi. "Certaines gens, dit d'Alembert, tiennent pour synonyme bouffoniste et républicain, frondeur et athée." Il y avait de quoi révolter tous les esprits indépendants. Il était inadmissible qu'on ne pût en France attaquer l'opéra sans être couvert d'injures et traité de mauvais citoyen. Et ce qui mit le comble à l'indignation des philosophes, ce fut la façon cavalière dont les ennemis des Italiens se débarrasèrent d'eux, par un arrêt du roi qui les expulsait de France en 1754. Cette façon d'appliquer à l'art les procédés du protectionnisme le plus despotique souleva contre l'opéra français la conscience de tous les esprits libres. De là l'emportement de la lutte."
N.B : Hors de la scène, les mêmes oppositions se manifestèrent et COUPERIN fit oeuvre de conciliateur en écrivant ses concerts appelés "les Goûts réunis". |